On pense au cœur, au foie ou aux poumons quand il s'agit de prendre soin de sa santé, mais beaucoup moins aux reins. Pourtant, ces deux petits organes assurent en permanence des fonctions essentielles : ils filtrent le sang, éliminent les déchets dans les urines et participent à l'équilibre de l'eau et des minéraux de l'organisme. Et les maladies rénales sont loin d'être rares : selon France Rein, environ 7 à 10% de la population française aurait une atteinte rénale.
Avec l'âge, l'hydratation mérite une attention particulière. La sensation de soif peut en effet diminuer chez les personnes âgées, augmentant le risque de déshydratation. Mais faut-il se contenter d'eau ? Elle doit rester la boisson de référence. Il est recommandé d'en boire environ 1,5 L par jour en moyenne. Les besoins varient toutefois selon la température, l'activité physique, l'âge et l'état de santé. Un bon moyen de vérifier son niveau d'hydratation est de vérifier la couleur de ses urines : elles doivent être transparentes ou jaunes très clair. En dehors de l'eau, une autre boisson courante est une option intéressante pour s'hydrater.
Il s'agit du thé. Non sucré, il hydrate, presque sans calories, et apporte des polyphénols aux propriétés antioxydantes. La néphrologue américaine Blake Shusterman cite notamment le thé vert non sucré parmi les boissons généralement adaptées aux personnes souffrant de maladie rénale. "Le thé vert pourrait également réduire le risque de développer des calculs rénaux", précise-t-elle. Une méta-analyse publiée en 2024, regroupant quatre études sur près de 1,3 million de participants, a justement associé la consommation de thé à un risque de calculs rénaux environ 20% plus faible.
Plusieurs autres études ont mis en évidence les bienfaits de la consommation de thé sur la santé rénale. Parmi elles, une étude publiée en 2023 a conclu que les consommateurs de thé non sucré avaient un risque de maladie rénale chronique inférieur de 16% à celui des personnes qui n'en buvaient pas. Cette étude a été menée auprès de 176 000 participants (anglais) ne souffrant pas initialement de maladie rénale chronique, et qui ont été suivis pendant plus de 12 ans. Ces études sont seulement observationnelles et ne prouvent pas que boire du thé diminue le risque de calcul rénal ou de maladie rénale.
A l'inverse, certaines boissons doivent être limitées le plus possible pour protéger ses reins : les sodas, les boissons très sucrées, l'alcool et les boissons énergisantes. Enfin, en cas de maladie rénale déjà diagnostiquée, les conseils d'hydratation doivent être personnalisés : une restriction des liquides peut parfois être nécessaire aux stades avancés, tout comme une surveillance des apports en sodium, potassium ou phosphore.
Et la prévention ne passe pas juste par ce que l'on boit. Les maladies rénales peuvent évoluer silencieusement, d'où l'intérêt de contrôler régulièrement sa fonction rénale, surtout en présence de facteurs de risque comme le diabète, l'hypertension artérielle, une maladie cardiovasculaire, l'obésité ou des antécédents familiaux de maladie rénale.